Lundi 7 mars 2005
Il fait froid.
Tu dis il fait sombre ce soir, avec tous ces gens qui s'agitent et qui cachent la lumière de la lune. Il te serre la main en silence, ou peut-être qu'il a murmuré quelque chose, avant, mais tu n'as pas vraiment écouté, tu étais trop occupée à sentir la tiédeur de sa peau contre la tienne.
Tu dis on est presque arrivés, et en même temps tu penses à un vieux château perché au bout du monde, au bord d'une mer inconnue, même si ça n'a pas vraiment de lien à avec ce qui t'entoure, à cette seconde précise de ton existence.
Tu dis je t'aime avec les yeux, mais il a tourné la tête pour voir quelque chose dans la rue. Alors tu continues à marcher droit devant toi.
Tu repenses au château, qui devrait être situé dans un pays très froid, finalement, pour que les arbres soient des gardes de glace millénaires.
Il dit à quoi tu penses, tu réponds à rien, tu corriges, tu dis tout ça, c'est mièvre, quand on y réflechit un peu. Il sourit.
Tu dis je t'aime avec ta bouche.
Tu dis je t'aime avec tes mains.
Tu dis je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Par Elisabeth Smulskaïa
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Publié dans : Fragments (chronique)
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