Vendredi 4 juillet 2008




On m'appelle jeunôt sans moustache
Cela m'est en vérité, en vérité, égal
Au moins, on ne me qualifie de lâche
Depuis longtemps, longtemps, fort longtemps !

Un autre tourne vivement sa moustache
Regarde au fond de toutes les bouteilles
Mais n'est qu'une copie de hussard
Depuis longtemps, longtemps, fort longtemps !

Un autre jure d'une brûlante passion
Mais dès lors que le vin, dès que le vin est bu
Toute sa passion reste au fond de la bouteille
Depuis longtemps, longtemps, fort longtemps !

A ceux qui s'aiment, la mer n'arrive qu'au genou
En cela, je suis comme eux, comme eux
Mais tout le monde est guetté par l'infidélité
Depuis longtemps, longtemps, fort longtemps !


(Davnym-davno)


par Elisabeth Smulskaïa publié dans : Fragments (chronique)
Jeudi 3 juillet 2008


par Elisabeth Smulskaïa
Mercredi 2 juillet 2008


La vie est une énorme, vastissime, continue pièce de Shakespeare.
Ou une énorme, vastissime, continue représentation des  26000 couverts.
Ce qui revient tellement au même, enfin.


par Elisabeth Smulskaïa publié dans : Fragments (chronique)
Mardi 1 juillet 2008



    - L'enfer, c'est précisément de ne jamais mourir. Un effort d'imagination, de grâce : jamais. Cette seule idée les consume, sans pouvoir pourtant les consumer définitivement ; ou je ne m'appelle plus le malin, que diable ! J'attrape les âmes dans la béance laissée par mes supérieurs. Vous savez bien : les petites envies d'éternel des hommes. Tout le monde y passe. Ca vous prend comme ça, comme une envie de chocolats à la menthe. Une petite fringale. N'importe quand, peu importe l'endroit. "Ah, si seulement je pouvais regarder ce ciel pour toujours", voyez le genre. Et pam ! que je leur saute dessus, avec les pactes et toute l'artillerie lourde... "Regardez-le, que je leur dis, ne vous privez pas". Et les abbés, les prêtres, les nonnettes, priez pour nous, Jésus-Joseph... tu parles ! mes meilleurs clients, oui !
    La secrétaire sursauta.
    - Pas vrai, mum ? Qui c'est qui ferait tourner la boutique de daddy, si on suicidait le Pape ? Il s'accouda à un crâne posé entre deux rangées de livres. - Ca leur fait une sacrée balade, quand ils débarquent là !
    A ce moment, un claquement retentit, et un reflet de janséniste blême apparu dans un nuage rose. Ivanov et la secrétaire tournèrent la tête, tout sourire :
    - Surprise !
    Le fantôme sirupeux, légèrement verdâtre, roula des yeux avec affollement et se laissa choir.
    - Permettez, Mrs, je m'occupe du nouveau client et j'arrive. Prépare la paperasse, mama !


par Elisabeth Smulskaïa publié dans : Reflets (prose)
 
 
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